Claire, 33 ans, est architecte à Bordeaux et addicte de couture au quotidien. Elle cultive un goût affirmé pour les coupes structurées : tailleurs cintrés, vestes aux lignes nettes, matières épaisses qui tiennent et sculptent la silhouette. Passionnée de couture depuis la fin de ses études, elle confectionne la plupart des vêtements qu’elle porte et aime les mettre en scène sous l’objectif de son compagnon. Son univers ? Un style contemporain, audacieux, subtilement androgyne. Sur les réseaux sociaux, elle partage inspirations et astuces sous le pseudo de Jaune Couture.

Tout au long de l’émission, Claire s’est imposée comme une candidate incontournable, alliant audace, maîtrise technique et une détermination constante à surprendre le jury. On retient autant son énergie communicative, ponctuée de pas de danse qui donnent le tempo, que ses créations, régulièrement saluées comme coups de cœur par Cristina Cordula. Son plus grand défi ? Composer avec le temps. Sa pièce de prédilection ? La veste, terrain d’expression privilégié de son sens de la structure.

Face à elle, Maureen, à l’esthétique plus féminine, incarne à la fois une rivale redoutable et une alliée complice. Leur présence conjointe en demi-finale, aux côtés de Gérald, a marqué un tournant dans la compétition. Épreuve après épreuve, Claire gravit les échelons jusqu’à décrocher la première place lors du défi autour de la veste Courrèges, grâce à une pièce remarquable en toile cirée à l’esprit rétro.

Si sa rigueur technique est indéniable, Claire a parfois été freinée par une gestion du temps trop prudente. Pourtant, elle excelle particulièrement dans les épreuves de customisation, où sa créativité s’exprime avec constance. Au fil des semaines, elle trouve un équilibre plus juste entre exigence technique, audace stylistique et efficacité d’exécution.

Moins à l’aise dans l’univers de la couture floue, elle n’en reste pas moins volontaire : elle se lance régulièrement des défis en intégrant des finitions pointues (ourlet moustache, couture anglaise…) pour repousser ses propres limites.

La rédaction de Burda Style est allée à sa rencontre pour découvrir le parcours et les inspirations de cette créatrice passionnée.

Bonjour Claire, félicitations et bravo pour cette brillante aventure dans l’émission Cousu Main ! Racontez-nous votre parcours créatif ! Comment la couture est-elle entrée dans votre vie, jusqu’à devenir une véritable passion ?

En 2018, je termine mes études d’architecte, ce sont des études très riches et très prenantes. À la sortie des études, je m’ennuie, j’ai besoin d’une activité et je me dis que la couture pourrait me plaire, je demande une machine à coudre à Noël et c’est la révélation ! J’ai toujours aimé les vêtements, et mon style un peu singulier n’est pas toujours compatible avec ce que l’on trouve dans les magasins. J’ai aussi une conscience écologique assez marquée, la couture permettait de répondre à tous ces sujets. Aussi, métier d’architecte, constitue une vraie charge mentale et la couture est salvatrice pour soulager mes pensées.

Pendant l’aventure Cousu Main, quel moment vous a le plus marqué ? Et avec un peu de recul, en quoi cette expérience a-t-elle influencé votre manière de concevoir ou de pratiquer la couture aujourd’hui ?

Tout était assez incroyable. Se retrouver sur un plateau de tournage, découvrir l’envers du décor, se confronter à sept autres passionnés… L’expérience a été intense et m’a permis de tisser des liens très forts avec les autres candidats, au point de ressentir une véritable impression de famille.

Atteindre la finale et remporter Cousu Main est un sentiment difficile à décrire, entre l’incrédulité et une joie immense. Cette aventure m’a aussi rappelé à quel point j’aime coudre lentement, un luxe que les épreuves, courtes et exigeantes, ne permettaient pas toujours. J’ai également eu la chance de rencontrer de très belles personnalités et d’apprendre énormément, autant auprès des candidats que du jury.

On vous a vue progresser et exceller tout au long de l’aventure Cousu Main. Selon vous, quel a été l’élément décisif qui a réellement fait la différence et vous a menée jusqu’à la victoire ?

Je n’ai pas le sentiment d’avoir excellé tout le long de l’émission. Je ne suis pas habituée à coudre rapidement et certaines épreuves qui pourraient paraître basiques pour certains ne le sont pas pour moi, notamment en couture flou. Je suis plus à l’aise sur la technique et les vestes, j’ai donc été plus à l’aise au fur et à mesure de l’avancée de la compétition. On m’a surnommé le Diesel ! Je n’étais pas la favorite mais je réussissais à toujours passer les épreuves, et lorsque ma copine Mathilde est venue pour que je lui confectionne une robe de mariée, j’ai puisé dans mes plus profondes ressources pour ne pas la décevoir, et ça a payé ! Lorsque l’épreuve s’est terminée, j’étais extrêmement fière de la voir dans ce vêtement que j’avais fait pour elle !

Fred alias Monsieur Bretzel, candidat de Cousu MainFred alias Monsieur Bretzel, candidat de Cousu Main

Cette aventure a-t-elle ouvert de nouvelles perspectives pour vous, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel ?

C’est un nouveau monde qui s’offre probablement à moi, je ne sais pas de quoi demain sera fait, mais je suis ouverte à rencontrer tout ce que la vie mettra sur mon chemin.

Dans votre espace de création, comment vous organisez-vous au quotidien ? Avez-vous un outil fétiche, une technique de prédilection… ou même une petite anecdote à nous partager ?

Je suis passionnée par le tailleur, j’ai une sacrée collection de vestes à mon actif! J’ai mes outils fétiches que sont mes ciseaux, mon clapper en bois et mon fil à bâtir. Pour l’anecdote, étant architecte, j’ai un jour demandé au menuisier avec lequel je réalisais un chantier s’il pouvait me confectionner un clapper, il m’a dit oui, et c’est celui que j’utilise tous les jours aujourd’hui.

Enfin, comment définiriez-vous votre look signature ? Avez-vous une affinité particulière pour certaines matières, textures, ou types de coupe ?

J’aime la laine, les matières naturelles et le tailleur. Je porte beaucoup de vêtements oversized et avec pas mal de caractère, et beaucoup de couleur. J’ai un amour profond pour les vestes, c’est pour moi ce qui fait toute une tenue. J’adore le temps que cela me prend de la construire petit à petit ! Et jouer avec mes vestes pour changer radicalement de look de l’une à l’autre.

Vous évoquez une véritable conscience écologique dans votre démarche créative. Comment votre engagement écologique se traduit-il concrètement dans votre pratique de la couture (choix des matières, durabilité, consommation plus responsable) ?

Plusieurs éléments guident ma démarche. Je privilégie exclusivement les matières naturelles et exclus le polyester. Je couds lentement, en prenant le temps nécessaire : chaque pièce est pensée pour être portée longtemps, jamais réalisée dans la précipitation. Ma pratique s’inscrit dans une logique de slow fashion, comme une réponse consciente à la fast fashion. Je n’achète quasiment plus de vêtements en magasin, à l’exception de la maille, que je ne maîtrise pas encore. Mon vestiaire est donc majoritairement composé de pièces que je crée moi-même, c’est ainsi que j’envisage la mode aujourd’hui.

La passion du tailleur. On comprend très vite que le tailleur occupe une place toute particulière dans votre vestiaire couture. Comment est née cette passion pour cette pièce emblématique ? Est-ce le défi technique, la précision des coupes, le tombé impeccable ou la puissance stylistique du tailleur qui vous séduit autant ?

C’est un condensé de tout cela. En tant qu’architecte, j’aime « bâtir », concevoir des pièces structurées, presque construites, une approche que l’on retrouve moins dans la couture floue. L’aspect technique me passionne particulièrement. Je prends le temps de travailler le geste, avec une véritable sensibilité artisanale : avancer lentement, étape par étape, pour atteindre un résultat soigné et durable. Je privilégie d’ailleurs la laine, pour sa tenue et la qualité qu’elle confère aux pièces.Plusieurs éléments guident ma démarche. Je privilégie exclusivement les matières naturelles et exclus le polyester. Je couds lentement, en prenant le temps nécessaire : chaque pièce est pensée pour être portée longtemps, jamais réalisée dans la précipitation. Ma pratique s’inscrit dans une logique de slow fashion, comme une réponse consciente à la fast fashion. Je n’achète quasiment plus de vêtements en magasin, à l’exception de la maille, que je ne maîtrise pas encore. Mon vestiaire est donc majoritairement composé de pièces que je crée moi-même, c’est ainsi que j’envisage la mode aujourd’hui.

Avez-vous fait une formation spécialisée en Tailleur ou envisagez-vous de percer là-dedans ? Envisagez-vous d’aller encore plus loin dans cette voie, peut-être en développant un projet professionnel, une ligne dédiée, ou même un vestiaire pensé pour la femme, l’homme ou dans une approche plus unisexe ?

J’ai suivi les cours d’Artesane et j’ai passé un CAP en candidat libre. Je voulais apprendre pour exercer et avoir les bonnes bases, c’était primordial. Je suis tiraillée par mon métier d’architecte que j’adore et cette passion pour la couture ou opportunité.

Connaissez-vous l’univers de Burda Style et avez-vous déjà cousu à partir de nos patrons ? Comment définiriez-vous Burda Style en trois adjectifs ?

Je connais bien sûr ! Petite, je voyais ma mère coudre à partir de patrons Burda ; leurs explications me semblaient alors assez complexes. J’ai redécouvert la marque l’an dernier, avec le livre anniversaire des 75 ans, dont je suis littéralement fan : j’en suis déjà à mon quatrième modèle cousu. J’apprécie particulièrement la précision des coupes et l’approche stylistique, à la fois exigeante et inspirante.

En trois adjectifs, je définirais Burda Style comme : technique, créatif et intemporel.

À travers Instagram, vous fédérez une communauté sensible à votre style et à votre créativité. Qu’est-ce que cette présence sur les réseaux sociaux vous apporte, tant sur le plan créatif que dans les échanges avec votre communauté ?

Je le fais simplement pour partager avec d’autres passionnées. Je ne cherche pas à me mettre en avant ni à faire de mes créations une vitrine. Les échanges sont avant tout naturels et sincères. La bienveillance de cette communauté m’a surtout permis de prendre confiance en moi et d’oser davantage dans ma pratique créative.

Pourquoi avoir choisi le pseudonyme “Jaune Couture” ?

J’aime évidemment cette couleur. Le jaune, pour moi, est une évidence : solaire, dynamique, profondément joyeux. Il incarne tout ce que je défends. Mon idée est de transmettre un peu de soleil et de bonnes ondes à travers mes créations et mes partages.

Que retenez-vous de cette ‘Magnifaïk’ aventure ? Y a-t-il un moment, une émotion ou une rencontre qui vous a particulièrement marquée et qui restera gravé dans votre mémoire ?

Ce qui restera gravé en moi, c’est avant tout la rencontre avec les sept autres candidats. Nous avons tissé des liens extrêmement forts au fil de l’aventure. Le moment le plus marquant reste l’arrivée surprise de ma témoin lors de la finale, qui m’a demandé de lui créer sa robe de mariée. Je n’y croyais pas, et c’est précisément ce moment qui m’a portée jusqu’à la victoire. Je ne sais toujours pas exactement où j’ai puisé cette force : sans doute dans l’amour des autres, la passion et la transmission. J’ai également été très émue d’avoir ma meilleure amie à mes côtés dans ce moment si intense. Et un clin d’œil particulier à mes “copains de couture”, ainsi qu’un immense merci à tous mes proches qui m’ont soutenue depuis le début de l’aventure.

Merci à Claire d'avoir répondu à nos questions ❤️

Suivez les aventures couture de Claire sur Instragam !

✂️ Avec son look singulier, à la fois androgyne et inspiré du vestiaire tailleur, Claire, grande gagnante de l’émission Cousu Main 2026, incarne une élégance structurée et contemporaine. Nous avons sélectionné pour vous trois modèles Burda Style qui s’inspirent de son univers affirmé et de son sens du détail.

Blazer en lainage mélangé n°114 | Burda Style 11/22 

Une coupe légèrement oversize et droite, tout en conservant une belle allure féminine. 

Le col tailleur, revisité dans une version originale et asymétrique, apporte une touche contemporaine, tandis que la longueur rallongée, qui arrive au bassin, structure la silhouette.  

On aime l’imprimé tennis à rayures verticales, qui insuffle à la pièce une note à la fois masculine et moderne, soulignée par les lignes franches du blazer tailleur. Les poches à rabat sont délicatement rehaussées d’un passepoil, les manches sont fendue et boutonnées, et le col tailleur vient parfaire l’ensemble avec élégance.

Pantalon en twill n°115 | Burda Style 05/26

Un pantalon à l’esprit tailleur chic, revisité dans une version moderne et contemporaine. Confectionné en twill, il offre un tombé fluide tout en conservant une construction structurée. De larges plis couchés, pris dans une taille haute, viennent dessiner une silhouette citadine et élégante.  

Le modèle joue sur un équilibre subtil entre sophistication et audace, notamment grâce à des fentes ouvertes à l’ourlet qui apportent du mouvement et une touche résolument actuelle.

Chemise en lin n°5 A | Burda Easy n°4 Juillet/Août/2022 

Avec une allure à la fois décontractée et structurée, cette chemise reflète parfaitement l’esprit aussi travaillé que cool de Claire. Confectionnée en lin, elle se distingue par une coupe légèrement raccourcie, soulignée par un ourlet net et des découpes incurvées et horizontales qui rythment la silhouette.  

Les manches, intégrées dans la construction même du modèle, renforcent cette impression de fluidité maîtrisée. Et pourtant, la pièce conserve un boutonnage sur le devant, qui lui apporte une touche classique subtilement revisitée. Une chemise facile à porter, empreinte d’audace et de modernité.

Retrouvez toute l'aventure Cousu Main avec la rédaction Burda Style qui a pu interviewer tous les candidats de la nouvelle saison de Cousu Main et qui vous livre son regard sur tous les épisodes de cette nouvelle saison !